N°20 - Dec. 2003 www.conseil-national.medecin.fr
 

[ On en parle ]

Vers un nouveau statut : l'assistant collaborateur libéral

Le Conseil national de l'Ordre travaille depuis un an à l'élaboration d'une nouvelle forme d'exercice pour les jeunes médecins : celle d'assistant collaborateur libéral. Ce statut devrait faire l'objet d'un décret en 2004.

En présentant les grandes lignes de ce projet, le Dr Gérard Zeiger, vice-président du Conseil national, n'a pas caché son espérance : le statut d'assistant collaborateur libéral devrait contribuer à redonner aux jeunes praticiens l'envie de se diriger vers la médecine libérale. En leur offrant la possibilité d'exercer dans des conditions plus souples, moins " définitives " que lors d'une installation libérale classique, ce statut devrait attirer nombre de ceux qui, aujourd'hui, hésitent à s'engager sur cette voie. Car la peur des contraintes excessives qu'implique, à leurs yeux, l'exercice en médecine libérale, est devenue très dissuasive. Ce statut pourrait constituer une période d'essai sans engagement financier…
Mais ce n'est pas le seul avantage attendu de ce futur statut. Pour le Dr Zeiger, il ne fait aucun doute que les médecins installés - et souvent débordés - devraient eux aussi y trouver largement leur compte : " Quelle qu'en soit la raison, que ce soit pour se former, pour consacrer plus de temps à leur famille, pour récupérer après des gardes ou même pour préparer leur succession, ils auront la possibilité d'alléger leur tâche en partageant la charge de travail avec un assistant collaborateur. "

Plus de souplesse
Jusqu'à présent, cette forme de collaboration était impossible, le Code de déontologie interdisant à un médecin d'employer pour son compte un autre médecin. Mais la crise de la médecine libérale, déclenchée par le conflit sur la permanence des soins, a rendu ce cadre trop rigide. Elle a mis en lumière le " ras-le-bol " des médecins par rapport à leurs conditions de travail… et laissé entrevoir le risque d'une agonie de cette forme d'exercice.
Soucieux de sortir de l'impasse, l'Ordre s'est donc penché sur le dossier et a concocté un statut qui s'inspire du statut déjà en place dans d'autres professions libérales, y compris chez les chirurgiens-dentistes. Le projet est quasiment prêt.
Il reste encore à préciser quelques modalités, notamment les conditions de non-requalification en salaire du statut de collaborateur libéral et l'application de la TVA sur la participation aux frais et charges du cabinet. Une concertation avec les caisses d'assurance maladie permettra
de définir le statut social du collaborateur. Enfin, il revient à l'Ordre le soin d'étudier les modifications des articles 87 et 88 du Code de déontologie. En tout cas, Gérard Zeiger l'a répété : " Il est souhaitable que ce statut puisse être mis en place dès que possible. "

Propos recueillis par Arlette Chabrol


Le statut en quelques points
- Le collaborateur libéral n'a pas de lien de subordination juridique envers le titulaire du cabinet : il exerce sa profession en toute indépendance et il est pleinement responsable de ses actes.
- Il peut se constituer une clientèle personnelle (mais l'Ordre propose la possibilité d'une clause de non-réinstallation, assortie d'une indemnisation au terme du contrat).
- Il relève du statut social et fiscal du professionnel libéral, acquitte les impôts, charges et cotisations afférents à cet exercice.
- Le contrat signé avec le titulaire du cabinet doit mentionner durée, conditions de renouvellement, modalités de rupture, etc. (l'Ordre propose une reconduction sans limitation dans le temps).
- Le collaborateur peut exercer à temps partiel chez plusieurs médecins (mais l'Ordre demande qu'un médecin ne puisse pas avoir plusieurs collaborateurs sur divers sites, pour éviter une dérive vers le patronat médical).
- Le collaborateur est inscrit au Tableau de l'Ordre sous une rubrique spécifique.
- Il perçoit des honoraires et en rétrocède une fraction correspondant aux dépenses occasionnées par son activité au sein du cabinet (loyer, charges diverses).
- Enfin, l'Ordre demande que tout patient soit informé au préalable du médecin qui va le prendre en charge afin de pouvoir exercer son choix.




 


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