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[ PRATIQUE
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Santé
Publique
Comment faire face
à
un refus de vaccination ?
En cas d'opposition systématique et si les efforts du
praticien ne sont pas venus à bout des
réticences,
la signature d'une attestation de refus de soins paraît
indispensable.
Contrairement à des informations
préconçues,
la politique vaccinale en France se traduit par des obligations
et des recommandations vaccinales qui s'appuient sur l'expertise
scientifique du Comité technique des vaccinations. Par
ailleurs,
la dangerosité supposée des vaccins, la
supériorité
de l'immunité naturelle conférée par la
maladie,
la dramatisation des effets secondaires attribués à
certains vaccins entraînent, par désinformation, des
réactions de défiance, voire un rejet des
vaccinations.
Tout doit donc être mis en uvre pour convaincre les
patients et leurs familles que la politique vaccinale en France
repose sur un calendrier vaccinal définissant les
vaccinations
obligatoires et recommandées, ces dernières ne
devant
pas être considérées à tort comme
facultatives.
1. Le rôle du médecin
Aucun praticien ne saurait s'incliner face à un refus
systématique
de cet acte de prévention, concernant en particulier les
enfants, ce refus devant être considéré comme
une maltraitance par refus de soins : " Le médecin
doit
être le défenseur de l'enfant lorsqu'il estime que
l'intérêt de sa santé
est mal compris ou mal préservé par l'entourage.
"
(Code de déontologie,
art. 43). S'il s'agit d'un mineur ou d'un majeur
protégé,
le médecin " doit s'efforcer d'obtenir le
consentement
de ses parents ou de son représentant légal "
(Code de déontologie, art. 42).
Lorsque le patient est en état d'exprimer sa
volonté,
le médecin " doit respecter ce refus après
l'avoir
informé de ses conséquences " (Code
de déontologie, art. 36) et des risques encourus pour sa
santé. Il faut ajouter que le médecin est dans
l'obligation
" éthique " de vaincre les réticences de
ce patient et qu'une telle négligence dans cette
circonstance
serait dès lors considérée comme une faute
de nature à engager sa responsabilité,
s'il était prouvé que le patient n'en a pas
été
informé avec conviction : la vaccination est un acte
à
part entière. " L'exercice de la médecine est
personnel, chaque médecin est responsable de ses
décisions
et de ses actes " (Code de déontologie, art. 69).
Il faut savoir que ce refus n'est pas non plus définitif
: ignorance, insouciance ou conviction systématique non
fondée,
l'insistance du médecin doit venir à bout de cette
attitude irréfléchie avant de recourir, dans le cas
des enfants, aux mesures d'assistance éducative
fixées
par le juge des enfants saisi par le procureur de la
République.
2. En cas d'opposition à toute vaccination
Il est prudent de faire signer par le patient une attestation de
refus de soins en deux exemplaires (dont un destiné au
dossier
du patient) consignant ce refus et les risques s'y
référant,
mention devant figurer aussi sur les carnets de santé et
de vaccination : ultimes manuvres de persuasion
parfois
bénéfiques, pour vaincre finalement les
réticences
alléguées d'un patient ou d'une famille.
Un certificat de contre-indication à une vaccination ne
doit
comporter aucune mention d'ordre diagnostique justifiant cette
contre-indication.
Rappelons enfin que " tout rapport tendancieux ou tout
certificat
de complaisance est interdit " (Code de déontologie,
art 28 ; Code pénal, art. 441-7 et 441-8). " Ce n'est
qu'après plusieurs années de vaccination qu'une
surveillance
attentive et adéquate fait ressortir les déviances
épidémiologiques et cliniques d'une maladie qu'on
aurait pu croire aisément jugulée, voire
éradiquée
; les conséquences qu'engendrent ces modifications ont un
impact direct sur la politique vaccinale étroitement
dépendante
aujourd'hui de la veille épidémiologique ",
rappelle
le Pr Pierre Bégué, chef du service
pédiatrique
de l'hôpital Trousseau(1).
Dr Jean Pouillard, vice-président du Cnom
1. Archives de pédiatrie,
X,(2003,p.571-578)
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