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Le statut de collaborateur libéral entre enfin en piste

 

La loi en faveur des petites et moyennes entreprises, publiée le 3 août au " Journal officiel ", crée - enfin ! - le statut de collaborateur libéral. Le Conseil national de l'Ordre a longuement bataillé pour la création de ce statut qui devrait apporter beaucoup de souplesse à l'exercice médical.

S'adjoindre un collaborateur sans le salarier, cette solution, souvent avantageuse pour le professionnel comme pour son collaborateur, ne sera bientôt plus réservée aux seuls chirurgiens-dentistes… L'article 18 de la loi sur les PME, parue cet été au Journal officiel, entérine en effet la création de ce nouveau statut pour lequel l'Ordre a longuement milité, avec l'Union nationale des professions libérales (UNAPL) et le Comité de liaison inter-ordres (CLIO). Il permet à un médecin libéral de s'adjoindre un collaborateur, sans qu'il n'existe de lien de subordination entre les deux.

Indépendance et clientèle personnelle
Selon la loi, ce collaborateur libéral " non salarié " exerce son activité professionnelle en toute indépendance. Il peut compléter sa formation et se constituer une clientèle personnelle. Il relève du statut social et fiscal du professionnel libéral qui exerce en qualité de professionnel indépendant. Cette alliance suppose toutefois la conclusion d'un contrat écrit, dit de collaboration libérale. Il comporte un certain nombre de mentions obligatoires et indispensables pour éviter tout risque d'incompréhensions, de malentendus… Établi par écrit, ce contrat doit préciser :
- la durée, indéterminée ou déterminée, de cette collaboration ;
- les modalités de la rémunération ;
- les conditions d'exercice de l'activité, et notamment les conditions dans lesquelles le collaborateur libéral peut satisfaire les besoins de sa clientèle personnelle ;
- les modalités de rupture de la collaboration. Le Conseil national a élaboré un contrat type pour l'exercice médical qui est disponible sur le site de l'Ordre. Nous vous conseillons cependant de consulter un conseiller ordinal avant de lancer la procédure d'embauche d'un collaborateur libéral.

En savoir plus :

Pour le contrat type

Pour la loi

 

Interview
Dr Gérard Zeiger, vice-président de l'Ordre

Quels besoins viendront combler ce nouveau statut ?
Particulièrement souple, ce statut répond aux attentes de nombreux confrères - notamment les femmes - qui souhaitent exercer une activité libérale, mais garder aussi du temps pour leur vie privée. Il va également mettre le pied à l'étrier des jeunes praticiens qui hésitent à s'installer, car ils redoutent le poids des charges, les tracasseries administratives, et les journées de travail interminables. Le contrat de collaboration n'a pas forcément vocation à durer indéfiniment : il constituera le plus souvent une étape préparatoire et provisoire avant l'installation. En ce sens, ce statut représente un formidable espoir pour la médecine libérale puisqu'il constitue une bonne solution pour pallier nos problèmes de démographie et gagner du " temps-médecin ".

Quand ce statut sera-t-il opérationnel ?
L'Ordre s'est démené - et avec succès - pour que la loi ne renvoie à aucun décret d'application et qu'elle soit d'application immédiate. C'est une vraie satisfaction car nous aurions pu perdre encore des mois, voire des années... Nous attendons encore l'accord du gouvernement pour que le collaborateur puisse adopter le secteur conventionnel du titulaire du cabinet - comme c'est déjà le cas du remplaçant. De notre côté, nous avons révisé les articles 87 et 88 de notre code de déontologie médicale (articles R 4127-87 du code de la santé publique) qui interdisaient auparavant à un médecin de faire travailler un confrère. Et nous mettons à la disposition des médecins le contrat type que nous avons préparé pour les aider dans leurs démarches...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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