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Courrier d’une jeune remplaçante en médecine générale

J’ai lu ce jour avec attention votre édito « La médecine libérale a-t-elle encore un avenir  ? » publié dans Médecins de mai/juin. Je suis jeune remplaçante en médecine générale depuis 2008. Vous faites le constat que la médecine libérale n’est pas attractive. Ce n’est pas exact. Les étudiants qui ne choisissent pas la médecine générale envisagent leur installation en libéral après un clinicat en secteur 2. Les grèves des internes en 2007 et 2008 ont bien illustré l’attachement d’un certain nombre à cet exercice libéral-là. Par contre, la médecine générale libérale, non, elle n’attire pas les étudiants. Je reprendrai les mots des étudiants : « Pour gagner sa vie, il faut faire de l’abattage ». Le système valorise financièrement ceux qui réalisent un certain nombre de consultations au détriment de la qualité de soins. Réaliser 40 actes par jour ou 25 sur un temps horaire identique, ce n’est pas pareil. Le métier que j’ai choisi est pour moi celui de l’éducation en santé, de la prévention, du suivi des patients dans leur pathologie courante, de l’écoute... et tout cela demande un minimum de temps. Et ce temps-là n’est pas valorisé, y compris avec un C=CS. Et les étudiants le savent : un résultat auquel je ne m’attendais pas. La réforme du médecin traitant a écrit que seul « le paiement à l’acte est le paiement de référence ». Ce paiement à l’acte ne séduit pas les jeunes médecins. Pourquoi ne pas avoir continué d’explorer un autre moyen de rémunération que proposait le médecin référent avec des engagements de qualité : minimum et maximun d’actes, FMC, etc.  ? C’était le début d’un autre mode de rémunération. Un début qui était à perfectionner. Ensuite, pour l’accès aux soins pour tous, le secteur 2 n’est pas accessible à tous. Alors, que proposez-vous pour attirer les jeunes médecins dans le secteur 1 ? D’autre part, le système libéral contraint à des prévoyances privées. Dans mon entourage, plusieurs ont des exclusions en rapport avec des antécédents de santé. Est-ce normal de vivre avec la crainte qu’en cas de récidive, ils n’auront aucun revenu avant l’aide de la Carmf. Ils ont opté pour des postes de salariés. Et c’est normal de garantir un revenu à ses proches, y compris en cas de maladie.

Dr L. O.


« J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre dossier consacré à la maladie d’Alzheimer. J’ai notamment retenu l’importance des enjeux éthiques autour du diagnostic précoce et du stress, de l’angoisse, du désespoir parfois, des patients bien sûr mais aussi des aidants. Vous ne faîtes pas vraiment référence à l’engagement des psychiatres dans ce vaste chantier pluridisciplinaire qui demeurait, je vous l’accorde, limité à quelques initiatives isolées jusqu’à ces dernières années. Je souhaiterais donc attirer votre attention sur l’une d’entre elles, menée à l’hôpital Sainte-Anne, dans le service hospitalo-universitaire du Pr Olié. Le centre d’évaluation des troubles psychiques et du vieillissement a en effet vocation à identifier précocement les symptômes évocateurs d’une maladie d’Alzheimer ou d’une démence apparentée, devant une plainte anxieuse, dépressive ou comportementale. L’objectif est de favoriser au mieux l’intégration du patient et de son aidant dans les filières de soins, mais aussi de proposer une écoute, voire une aide spécifique, aux aidants les plus fragilisés par ces situations douloureuses.
Dr T.G. (Paris)


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