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Questions-réponses sur la sécurité des vaccins contre le virus A-H1N1
Vacciner : un enjeu de santé publique pour l’Ordre
Démographie : Moins de médecins actifs, encore plus de médecins remplaçants
En Bref
Depuis le 9septembre, la progression rapide et concordante des indicateurs d’activité indique que l’épidémie a débuté en France métropolitaine. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) signale que le virus de la grippe A(H1N1) se propage plus rapidement en France que dans le reste de l’Europe. Tous les mercredis, l’InVS fait le point sur l’évolution de la situation.
1- Pandémie certes, mais grippe ou « grippette » ?
Le virus A(H1N1) se caractérise par une virulence « modérée » et par une forte contagiosité. En l’absence d’immunité de la population, ce virus est susceptible d’atteindre, selon l’OMS, jusqu’à 30 % des habitants des pays à forte densité de population. Ceci fait craindre un nombre proportionné de formes graves et de décès. Les observations de l’OMS montrent également que 40 % des décès dus au virus A(H1N1) sont inhabituels : ils surviennent chez de jeunes adultes sans facteur de risque dans un tableau de défaillance pulmonaire : le syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA).
2- Les mesures « barrières » : des gestes simples à faire au quotidien _ La campagne de sensibilisation et d’information du grand public présentant l’utilité des gestes « barrière » est en cours. Les médecins ont un rôle important pour relayer l’information dans ce domaine où « les gestes de chacun font la santé de tous ». Les progrès accomplis permettront de ralentir la propagation des maladies infectieuses respiratoires et auront un impact positif au-delà de l’actuelle pandémie. Des supports de communication utilisables pour votre pratique quotidienne sont disponibles sur le site Internet dédié aux professionnels de santé.
3- La vaccination reste le meilleur moyen de prévenir les maladies infectieuses
Une vaccination contre le virus A(H1N1) sera proposée à chacun lorsque les vaccins seront disponibles et disposeront d’une autorisation de mise sur le marché délivrée au niveau européen. Si les vaccins sont nouveaux, puisque la souche est nouvelle, leur composition est connue. Ils contiennent des adjuvants de nouvelle génération qui ont déjà été utilisés à grande échelle dans le vaccin appelé Gripguard®. 47millions de doses ont été prescrites sans que la pharmacovigilance ne décèle de signal anormal. En tant que médecins, vous avez un triple rôle à jouer : vous faire vacciner pour vous protéger, protéger vos patients et votre entourage ; vacciner et informer ! Car, pour être acceptée, la vaccination, qui ne sera pas obligatoire, doit être expliquée.
4- Quand la grippe est là, pas d’inconnue dans le traitement
La prescription d’un traitement symptomatique, de masques anti-projections et l’isolement à domicile suffisent dans la majorité des cas. En présence de signe de gravité ou de facteur de risque, un traitement antiviral est recommandé. La première prise d’oseltamivir doit être la plus précoce possible. Demandez à vos patients de surveiller l’évolution de leur état de santé dans les 24-48heures et de reconsulter sans tarder, en particulier, en cas de persistance ou de réapparition de la fièvre ou d’apparition d’une dyspnée.
Ministère de la Santé et des Sports
+ d’infos :
• Le site Internet du ministère de la Santé vous consacre un espace dédié
• Inscrivez-vous sur la liste de diffusion « DGS-urgent » qui permet de recevoir automatiquement des messages électroniques sur les urgences sanitaires
• Le site de l’Institut national de veille sanitaire actualise ses données tous les mercredis. www.invs.sante.fr
Questions-réponses sur la sécurité des vaccins contre le virus A(H1N1)
.Quel est le processus d’évaluation des vaccins pandémiques ?
À partir de 2004, en préparation de la réponse à la menace liée au virus aviaire H5N1, des démarches, encadrées au niveau européen, ont été entreprises. Les laboratoires pharmaceutiques ont soumis un dossier comportant des données cliniques et ont obtenu de l’Agence européenne du médicament (EMEA) une AMM pour un vaccin pandémique « maquette ». Face au virus A(H1N1), l’EMEA raisonne par extrapolation. Ce raisonnement par transposition face à une souche différente n’est pas sans précédent puisqu’il est pratiqué de longue date pour les adaptations annuelles du vaccin contre la grippe saisonnière. Les vaccins de GSK, Novartis et Baxter rentrent dans ce processus de variation d’AMM. Les autres laboratoires (dont Sanofi-Pasteur) ont déposé des dossiers dans le cadre d’une AMM classique.
.Pourquoi utiliser un vaccin avec adjuvant ?
Dans un contexte de pandémie, le rôle des adjuvants est essentiel. En premier lieu, les adjuvants de nouvelle génération, tels que ceux utilisés dans les vaccins contre la pandémie grippale, suscitent une réaction immunitaire plus importante, ce qui est essentiel quand il y a une absence totale d’immunité chez la personne vaccinée. En second lieu, ils permettent également d’utiliser une quantité plus faible d’antigènes vaccinaux ce qui permet de produire une plus grande quantité de doses et donc de protéger le maximum de personnes.
.Ces adjuvants ont-ils des effets indésirables particuliers ?
Le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), dans son avis du 7 septembre 20091, évoque « la pertinence du développement et de l’utilisation d’un vaccin pandémique avec adjuvant » et rappelle que « ces adjuvants ont déjà été utilisés en clinique » et « qu’il n’existe actuellement aucun signal permettant de craindre la survenue d’effets secondaires graves suite à l’utilisation de vaccins grippaux adjuvés ». Nous disposons d’un important recul sur la sécurité des adjuvants en général. Si les plus anciens étaient essentiellement fabriqués à base de sels aluminiques, les adjuvants de la nouvelle génération sont, eux, composés de squalène, c’est-à-dire d’une émulsion lipidique. Nous disposons également d’un certain recul sur les adjuvants de nouvelle génération. Ils ont déjà été utilisés à grande échelle dans le vaccin appelé Gripguard®.
1. http://www.hcsp.fr/
.Est-il possible d’utiliser ces vaccins avec adjuvant chez tout le monde ?
Les experts en immunologie considèrent qu’il y aurait un risque théorique à utiliser ce vaccin chez des personnes dont le système immunitaire est modifié (femmes enceintes) ou immature (jeunes enfants) du fait de la forte réponse immunitaire que permettent ces adjuvants. Ce risque théorique est à mettre en balance avec le risque réel que représente le virus A(H1N1) pour les populations à risque. Si l’on dispose de vaccins sans adjuvant, ce seront eux qui seront utilisés. Si l’on ne dispose que de vaccins avec adjuvant, la balance bénéfice/risque devra être soigneusement évaluée car, si le risque de la vaccination est théorique, son bénéfice est certain.
Vacciner : un enjeu de santé publique pour l’Ordre
Le Conseil national de l’Ordre des médecins demande aux médecins de se faire vacciner, d’inciter leurs patients à se faire vacciner, et les encourage vivement à être vaccinateurs.
• La participation des médecins aux actions de santé publique est un devoir déontologique. Le Cnom rappelle que la participation des médecins aux actions de santé publique est une mission entrant dans leurs devoirs déontologiques et légaux. Il leur est indispensable d’être en mesure de donner des soins à leurs patients et de ne pas les contaminer. Il est également essentiel que les médecins se protègent contre le virus, afin d’éviter sa propagation dans leur entourage.
• Une technique de vaccination connue et inchangée. Le Cnom rappelle que le vaccin contre la grippe A sera mis en place après une procédure d’autorisation de mise sur le marché rigoureuse. Les adjuvants présents dans le vaccin permettent d’augmenter la réponse du système immunitaire du patient et rendent le vaccin plus efficace. Ils ont été ajoutés selon la même technique que celle utilisée pour les autres vaccins tels que le vaccin contre la grippe saisonnière ou contre la rougeole. « Aujourd’hui face à une telle pandémie, il est du devoir des médecins, premièrement d’être en état de travailler, deuxièmement de ne pas être le vecteur de la maladie, et enfin d’avoir un comportement exemplaire en protégeant les individus et les familles », souligne le Dr Legmann, président du Conseil national de l’Ordre des médecins.
+ D’INFOS SUR LE SITE :
Communiqué de presse de l’Ordre
Démographie
Moins de médecins actifs, encore plus de médecins remplaçants
L’Ordre des médecins est la seule institution à détenir les véritables chiffres de la démographie médicale en France. L’édition 2009 de son Atlas de la démographie médicale a été présentée, au cours d’un point presse, par le Dr Legmann, président du Cnom et le Dr Romestaing, président de la section santé publique.
1- Le nombre de médecins en activité régulière diminue pour la première fois _ Le nombre de médecins exerçant une activité régulière - les remplaçants en sont exclus - diminue pour la première fois de 2 %. Au 1er janvier 2009, la densité des médecins en activité en France métropolitaine régresse à 290 médecins pour 100 000 habitants contre 300 l’année précédente. Ce phénomène ne fait que commencer car la profession vieillit. Le nombre de médecins retraités a augmenté de 5,2 % en un an. De plus, l’âge moyen des médecins en exercice est de 51 ans et les effectifs de médecins de plus de 50 ans ont augmenté de plus de 53 % entre 2008 et 2009.
2- L’exercice libéral n’attire plus
Le nombre de remplaçants ne cesse d’augmenter : + 5 % entre 2008 et 2009, + 550 % en 20 ans. Les médecins remplaçants sont désormais près de 10 000. Par ailleurs, 25 % des médecins qui se sont inscrits au Tableau de l’Ordre en 2008 ont choisi ce mode d’exercice, « seulement » 10% se sont installés en libéral et 66% ont préféré le salariat.
3- Les disparités régionales se creusent
Provence-Alpes-Côte d’Azur concentre toujours le plus de médecins avec 375 médecins pour 100 000 habitants tandis que la région Picardie reste la région la moins bien lotie (238 pour 100 000). Les mesures d’incitation destinées à favoriser le retour des médecins dans les zones sous-dotées n’ont pas été efficaces, rappelle l’Ordre des médecins qui propose de favoriser les regroupements de praticiens et de réfléchir à une rémunération partiellement au forfait. L’Ordre précise également que le recours à des médecins européens ou extra-européens ne résout pas les problèmes d’accès aux soins, ceux-ci ne s’installant pas dans les zones déficitaires mais dans les zones urbaines, en Ile-de-France ou en PACA.
Pyramide des âges des 199 736 médecins en activité régulière (France entière) Le rétrécissement à la base de la pyramide des âges traduit un vieillissement marqué de la population médicale. Entre 2008 et 2009, les effectifs des médecins de moins de 49 ans ont baissé de 12,1 %. La tranche d’âge des moins de 40 ans a baissé de 11,7 %. La tranche des plus de 60 ans a augmenté de 52,5 %.
+ D’INFOS SUR LE SITE :
Consulter l’Atlas 2009 de la démographie médicale, réalisé par G.Lebreton, géographe de la santé au Cnom. L’Ordre des médecins publiera des analyses démographiques par région avant fin 2009.
En bref
La place du généraliste dans le dépistage du cancer du sein
L’Institut national du cancer (Inca) vient de publier une brochure pour renforcer le rôle du médecin traitant dans le dépistage organisé du cancer du sein. À l’initiative du Dr Michel Legmann, le président de l’Ordre des médecins, ce document est envoyé à l’ensemble des médecins généralistes en activité en complément de ce Bulletin de l’Ordre des médecins daté de septembre-octobre.
+ D’INFOS :
Sur l’Inca : www.e-cancer.fr
La gestion et le paiement des astreintes bientôt automatisés
En 2010, tous les médecins libéraux pourront bénéficier d’un nouveau mode de gestion des astreintes, automatisé, plus rapide et plus sûr.
Concrètement, chaque médecin participant à la permanence des soins pourra transmettre sa demande d’indemnisation des astreintes par mail à sa caisse primaire d’assurance maladie. La Cpam lui versera ensuite sa rémunération directement sur son compte. « Les services du Conseil national de l’Ordre des médecins (Cnom) travaillent actuellement à la mise en place du module qui permettra d’automatiser le paiement des astreintes aux médecins et qui sera implémenté dans Ordigard, le logiciel ordinal de gestion des tableaux de garde. Nous devons en particulier anticiper les demandes et les besoins spécifiques de chaque département », souligne le Dr André Deseur, président de la section Exercice professionnel. Les médecins d’une cinquantaine de départements sont concernés pour l’instant. D’autres conseils départementaux ont opté pour le logiciel de gestion des gardes Netgarde, développé par l’Assurance maladie. Le dispositif sera testé fin 2009 dans certains départements pilotes avant sa généralisation début 2010. Les rencontres ont déjà eu lieu entre les services du Cnom et ceux de la Caisse nationale d’assurance maladie pour la mise au point technique et le calendrier.
Refus de soins
Dans un communiqué publié en juillet suite à l’enquête du Fonds de financement de la couverture maladie universelle et au « testing » du journal Le Parisien, l’Ordre des médecins rappelle que refuser de soigner un patient au seul motif qu’il est bénéficiaire de la CMU-C ou lui demander un dépassement d’honoraires est inacceptable, contraire à la déontologie médicale et à la loi. L’Ordre demande une fois de plus aux caisses primaires d’assurance maladie de l’informer systématiquement en cas de refus de soins. L’Ordre rappelle également aux patients victimes de refus de soins qu’il est essentiel de signaler aux conseils départementaux de l’Ordre ou de demander à des associations représentatives de le faire ou déposer plainte pour eux. Ainsi l’Ordre pourra prendre les mesures disciplinaires efficaces qui s’imposent envers tout médecin refusant un patient CMU-C ou lui demandant un dépassement d’honoraire.
+ D’INFOS SUR LE SITE :
L’intégralité du communiqué sur le site.
Tourisme médical antidéontologique
Des praticiens exerçant en France à l’hôpital public ou en établissement privé ont reçu des propositions de collaboration de la part de cliniques situées en Espagne, en Grèce ou en Ukraine pour la pratique d’actes d’interruption de grossesse, notamment au-delà du délai de douze semaines, de dons d’ovocytes, de fécondation in vitro (FIV) ou de gestation pour autrui. Cette publicité s’accompagne d’une promesse de rétrocommission pour chaque patiente adressée. Alerté par certains médecins, le Conseil national de l’Ordre rappelle que ces propositions constituent un racolage et une dichotomie, interdite par le code de déontologie (article R. 4127-24 du code de la santé publique). Dans un communiqué diffusé en juin 2009, il met en garde les médecins face au risque de sanctions qu’ils encourent en acceptant ce type d’offre.
+ D’INFOS SUR LE SITE :
L’intégralité du communiqué sur le site.