N°05 - mai 2007     www.conseil-national.medecin.fr
 
 
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Une enquête de l’Ordre cerne les aspirations des jeunes médecins

Egalement au sommaire de la rubrique :
Décrets sur l’ostéopathie : l’Ordre dépose un recours
Des aides aux aidants familiaux
Une cellule d’écoute dédiée aux médecins libéraux en difficulté psychologique
En bref

Le Conseil national de l’Ordre des Médecins a chargé l’institut BVA d’interroger des étudiants en médecine et de jeunes médecins afin de cerner leurs aspirations et leurs motivations. Objectif : à partir de leurs réponses, imaginer des solutions susceptibles de répondre à leurs attentes... et aux besoins de la population.

La société BVA a mené l’enquête de décembre 2006 à février 2007 auprès de 4 200 futurs médecins - étudiants en DCEM2 et troisième année d’internat - et jeunes médecins inscrits au tableau de l’Ordre depuis moins de cinq ans. Les réponses au questionnaire ont confirmé avec éclat l’évolution du corps médical vers une féminisation : alors que chez les médecins nouvellement installés, la répartition hommes/femmes est de 51/49, elle passe, chez les étudiants, à 1/3 d’hommes pour 2/3 de femmes ! Autre confirmation d’une tendance forte : la répartition territoriale des jeunes médecins se fait de plus en plus au profit des centres-villes (34 %) et des petites villes de province (27 %), les zones rurales n’attirant que 18 % d’entre eux, les banlieues pavillonnaires, 13 % et les cités populaires 8 % !

Les attentes prioritaires
Lorsque l’on regarde de près leurs attentes prioritaires, on ne peut que constater la logique de cette évolution. Figurent en tête - et dans l’ordre de préférence - l’épanouissement personnel et familial, la compatibilité avec l’activité professionnelle du conjoint et la possibilité d’exercer le mieux possible la discipline. À l’opposé, l’attrait de revenus confortables et une plus grande utilité sociale, arguments qui pourraient faire pencher la balance du côté des régions démédicalisés, sont en fait très peu évoqués, en tout cas loin derrière la qualité des relations avec les patients ou de l’environnement géographique.

Des solutions possibles
Est-ce à dire que l’on va « droit dans le mur » dans ces régions-là ? L’enquête montre qu’il existe des voies pour sortir de cette crise. Sans incitation particulière, 37 % des étudiants ne s’opposent pas à l’idée de s’installer dans une de ces zones déficitaires... mais ce chiffre monte à 58 % si on leur offre, en échange d’un tel choix, un ensemble de mesures incitatives. Ils le disent clairement : ils veulent exercer dans de bonnes conditions et citent en priorité tout ce qui peut contribuer à rompre un isolement professionnel : possibilité de travailler dans des maisons de santé, dans des réseaux, etc. (70 % d’adhésion lorsque l’on évoque les cités de banlieue et 33 % les zones rurales). Mais ils ne rejettent pas pour autant les mesures financières, telles la prime à l’installation, la mise à disposition d’un local professionnel par la municipalité ou encore la majoration de 20 % des actes médicaux pour les médecins installés en cabinet de groupe. Ils verraient d’un bon œil la mise en place d’aides matérielles comme la prise en charge des tâches administratives et d’accueil, ou encore l’aide à l’informatisation. Si l’on veut convaincre nos futurs médecins de s’installer dans des zones en voie de démédicalisation, il est donc urgent de prendre les bonnes mesures... Sensibiliser les étudiants aux problèmes de démographie médicale, organiser des stages en cité populaire et en zone rurale, promouvoir les mesures auprès des internes, les aider et les conseiller dans leur projet d’installation. C’est ainsi que la désertification de certaines zones géographiques pourrait être évitée et qu’il ne sera pas nécessaire de recourir aux mesures coercitives que les jeunes médecins ne souhaitent pas.

Arlette Chabrol

Pour en savoir plus : Les résultats complets de l’enquête BVA pour le Conseil national de l’Ordre des médecins sont consultables sur notre site : www.conseil-national.medecin.fr


Décrets ostéopathie : l’Ordre dépose un recours

L’Académie nationale de médecine et le Conseil national de l’Ordre des médecins prennent acte de la publication des décrets réglementant la pratique de l’ostéopathie en France par des non-médecins. Les deux institutions ne trouvent pas acceptable que le médecin qui tient de son diplôme d’État et de son inscription au tableau de l’Ordre le droit de pratiquer des techniques manuelles de traitement puisse avoir une obligation supplémentaire d’autorisation préfectorale pour exercer médicalement l’ostéopathie. Le Conseil national de l’Ordre des médecins introduira un recours juridique contre cette disposition.
En revanche, l’Académie nationale de médecine et le Conseil national de l’Ordre des médecins se félicitent qu’aient été entendues leurs exigences concernant la formation de ces ostéopathes et la limitation de leur pratique (manipulations exclusivement manuelles et externes ; obligation de prescription médicale pour les manipulations du rachis cervical et des nourrissons). Les deux institutions refusent toutefois d’admettre que, sous prétexte de l’appellation « ostéopathie fonctionnelle », on puisse dispenser cette pratique de tout recours aux examens médicaux et autres précautions indispensables dès qu’un patient se plaint de troubles, même « fonctionnels ». Au contraire, plus un trouble est fonctionnel, plus il exige un acte diagnostique difficile et lourd de conséquences, qui demande une bonne formation médicale et une bonne expérience de la pathologie générale.
Ils mettent en garde contre le risque lié à une prise en charge en première intention par un ostéopathe non-médecin, et demandent qu’une information sur les droits et les limites d’exercice des ostéopathes soit clairement apportée aux patients.



Des aides aux aidants familiaux

Le décret relatif au congé de soutien familial est paru le 20 avril 2007 au Journal officiel. Ce nouveau congé est de droit, sous réserve de deux ans d’ancienneté dans l’entreprise : il ne peut être refusé par l’employeur. Les bénéficiaires sont les aidants familiaux auprès de personnes âgées ou auprès de personnes lourdement handicapées, ainsi que les parents assumant la charge d’un enfant handicapé et bénéficiant à ce titre de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) versée par les caisses d’allocations familiales. Le congé de soutien familial est d’une durée de trois mois, renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière. Un Guide de l’aidant familial a été conçu pour « aider les aidants », qui consacrent souvent une grande partie de leur temps à un proche dépendant, en leur fournissant un outil pratique qui facilitera leur action au quotidien. Il réunit toutes les informations pratiques et les conseils utiles sur les droits de l’aidant et de son proche dépendant. Il indique les interlocuteurs auxquels chacune et chacun peut s’adresser pour trouver de l’aide. Le guide propose également un exemple de « Carnet de l’aidant », véritable journal de bord que chacun peut utiliser pour organiser ses activités et son temps auprès de la personne âgée ou handicapée dont il s’occupe.

En savoir plus : www.famille.gouv.fr


Une cellule d’écoute dédiée aux médecins libéraux en difficulté psychologique

Ce dispositif, mis en place depuis le 1er juin 2005 à l’initiative de l’Association d’aide professionnelle aux médecins libéraux (AAPML), permet aux médecins en souffrance morale de se confier et de dialoguer, anonymement, avec des psychologues qui peuvent les orienter, si nécessaire, vers un autre médecin pour une prise en charge plus globale.
Nous connaissons la réticence des médecins à consulter et à se soigner. Pourtant, nombre d’entre eux souffrent d’épuisement dans l’exercice de leur profession : stress lié à un rythme de travail toujours plus intensif, judiciarisation de la profession, agressions en hausse... Autant de facteurs qui font que certains « craquent » et en arrivent même au suicide. La Commission nationale d’entraide du Conseil national peut en témoigner à travers les dossiers qui lui sont soumis.
L’objectif de l’AAPML est d’étendre ce numéro d’appel à l’ensemble de la France. Le Conseil national de l’Ordre des médecins soutient ce projet dont l’efficacité a été démontrée : plus de 220 appels ont été enregistrés et, parmi les motifs d’appel, 54 % avaient un rapport direct avec l’exercice de la profession.

Ce service est disponible 24h/24 et 7j/7, n° de téléphone : 0 826 004 580

Dr André LEON,
président de la Commission nationale d’entraide du Cnom


En Bref

Aide médicale d’État
Aujourd’hui, près de 200 000 personnes résidant en France bénéficient de l’aide médicale d’État. Elles doivent être prises en charge par les praticiens en cabinet ou en établissement, sans discrimination, conformément à l’article 7 du code de déontologie médicale. Sur présentation d’un titre d’admission à l’aide médicale d’État, ces patients sont dispensés d’avance de frais. Un récent rapport du Conseil national de l’Ordre sur les soins aux personnes démunies est disponible sur le site du CNOM.
En savoir plus : www.conseil-national.medecin.fr

Santé et environnement
Le site du CHU de Brest propose un espace consacré aux relations entre la santé et les facteurs environnementaux. Fiche, dossier thématique, formulaire de déclaration de cas de pathologie environnementale, base de données, etc. : l’objectif est d’informer le grand public pour prévenir les risques sanitaires en général, et ceux liés à l’environnement en particulier.
En savoir plus : http://www.chu-brest.fr/sante/sante.php


Ordre des infirmiers
Les textes créant l’Ordre des infirmiers et prévoyant la possibilité pour les infirmiers de prescrire certains dispositifs médicaux sont parus au Journal officiel du 14 avril 2007.

  • L’Ordre, qui concerne près de 460 000 infirmiers, aura pour mission d’élaborer un code de déontologie et de défendre les intérêts de la profession, et sera l’interlocuteur des pouvoirs publics.

  • Un autre texte, accompagné d’un arrêté, autorise désormais les infirmiers à prescrire à leur patient certains dispositifs médicaux leur permettant d’exercer leur activité sans que le patient ait systématiquement à retourner consulter son médecin traitant. Il s’agit par exemple de pansements, compresses, aiguilles, de dispositifs médicaux pour perfusion à domicile, etc. Cette disposition a été adoptée par le Parlement dans le cadre de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2007.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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